100 mots pour introduire aux théories de la communication de Judith Lazare
PUBLIE LE 16 décembre 2007 / VuLu |
Je me propose, dans ce blog, consacré à la communication, de signaler mes lectures sur le sujet. 100 mots pour introduire aux théories de la communication de Judith Lazare (Les empêcheurs de penser en rond) , me semble idéal pour introduire cette bibliographie.
Comme son nom l’indique, l’auteur répertorie le vocabulaire, les notions, les concepts et les théories de la communication — résumés sous l’appellation de « science de la communication » dont l’essor est devenu manifeste au milieu du siècle dernier. Si cet ouvrage, paru en 2004, a le défaut de ne pas tirer pleinement les conséquences de l’arrivée d’Internet, notamment dans sa version 2.0, il offre toutefois une bonne base de connaissance pour celle ou celui que le sujet intéresse. De Agenda setting à Westley et MacLean en passant par Audience, Chiens de garde, Communication de masse, Désinformation, Ecole de Chicago, Indicateurs culturels, Opinion (privé/public), Rumeur, Sociabilité et Villages « global », ces 100 mots nous offrent un corpus à la fois conceptuel et historique sur les sciences de la communication. Chacun d’eux est une invitation à en savoir plus et à prolonger la réflexion.
Ci après quelques extraits propre à nourrir notre propos du moment.
Agenda setting
“Au point de départ se trouve une double constatation : premièrement, les événements sont trop nombreux pour que les médias puissent leur consacrer une attention égale ; deuxièmement, le public ne peut assimiler tout ce qui est relaté par les médias. Une certaine sélection des événements s’impose d’office. (…) Les inventeurs du terme, McCombs et Shaw, estiment que si les médias ne sont pas forcément à l’origine de ce qu’il faut penser, ils sont extrêmement efficaces pour dire ce à quoi il faut penser.”
Déterminisme technologique
“Selon Innis, à l’origine de cette thèse, la technologie utilisée par le média dominant dans une société donnée détermine la manière dont les individus réfléchissent et se comportent”. (lire à ce sujet cet article : “Notre culture numérique transforme-t-elle notre intelligence “)
Distorsion
“Il s’est avéré que les individus acquièrent leur connaissance et forment donc leur opinion sur l’environnement à travers les informations diffusées par les médias. La question important est de savoir si la « vérité » des médias correspond ou non à la réalité.
Pour ces chercheurs, les médias et en particulier la télévision, ne présentent pas les événements comme ils se déroulent dans la réalité. Ils mettent toujours l’accent sur les effets et non sur les causes (les causes des grèves dans ce cas) (…) Les nouvelles ne sont pas neutres, mais elles sont le produit de l’idéologie ”
L’effet dormeur
“Quand la source de l’information, au bout de quelques semaines, n’est plus associé à son contenu dans la pensée du public. Même si la source n’est pas sûre à la base, le message peut tout de même prendre alors une certaine crédibilité.”
Spirale du silence
“Dans la spirale du silence, quand un individu constate que son opinion est minoritaire, il préfère se taire (et donc renforce l’opinion majoriatire affichée), mais il ne change pas pour autant son opinion. Dans le cas de la falsification préférentielle l’opinion exprimée affecte ou peut affecter l’opionion privées des autres. Les médias interviennent de manière décisive dans ce processus, mettant en avant la pensée dominante sur laquelle la plupart des individus s’alignent.”
Perception sélective
“Il existe chez les individus une sorte de filtre, créé consciemment ou inconsciemment, pour évier les informations qui pourraient aller à l’encontre des attitudes et des opinions préexistantes.
Si l’axiome selon lequel la non-communication n’existe pas est vrai, on est obligé d’admettre que le silence est une forme de communication.”
Stéréotype
“Selon Lippmann, les individus utilisent des stéréotypes par économie, pour éviter de réfléchir à chaque aspect de la réalité. Il souligne surtout que l’homme a tendance à ne pas juger en fonction des choses mais à partir de leur représentation”
Tyrannie
“La plupart des individus acceptent l’opinion des autres dès qu’ils se trouvent en groupe. En effet, la qualité des individus en matière d’intelligence, de créativité et d’originalité semble perdre de sa force dès qu’ils sont réunis. Comme si le collectif entraînait l’individuel vers le bas.”
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2 Commentaires sur “100 mots pour introduire aux théories de la communication de Judith Lazare”
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“Il s’est avéré que les individus acquièrent leur connaissance et forment donc leur opinion sur l’environnement à travers les informations diffusées par les médias. La question important est de savoir si la « vérité » des médias correspond ou non à la réalité.”… j’ai le sentiment que le fait objectif n’a pas d’existence propre. Il commence à exister en fonction de la relation au monde qu’entretien l’oeil ou la plume qui s’y consacre. Moi-même, soit disant soucieux d’objectivité, ne lit que Libération et le Nouvel Observateur. J’enlève soigneusement les parties qui me dérangent comme on enlève la peau et les yeux d’une pomme de terre, pour manger la patate nourissant exclusivement mes convictions, ce qui rejoint l’idée de “perception selective” expliquée dans cet article. Deux journalistes vont relater un banal accident de voiture sans aucune implication idéologique, bien sûr. Cependant, nous pourront lire dans un journal qu’une petite fille a traverser la rue en courant et qu’un automobiliste n’a pu l’éviter et dans un autre article, apprendre qu’un automobiliste a percuter une petite fille (sous-entendant qu’il roulait trop vite).Le journal publiant un compte rendu expliquant qu’une femelle de 12 ans entrant sur la chaussée à la vitesse de 8 km/h et une voiture de marque Peugeot, roulant a 53 km/h sont rentrés en collision à la hauteur du 24 rue de Civry, causant le décès de-ladite femelle ainsi qu’une déformation de l’aile droite de la dite voiture, aura toute les chances de voir une rapide érosion de son lectorat. A peine posé le fait doit être compris, interpreté et mis dans un sens. En parlant de sens et pour conclure cette petite logorrhée, nous avons pu voir le président de la république en compagnie de Carla Bruni à Disney Land. Le peuple français y verra deux messages forts. Le premier est qu’il est bien d’avoir une nana gaulée de la mort et le second que Disney Land, c’est parfait pour un samedi culturel en famille. Le seul bénéficiaire de l’opération est, à mon avis, David Douillet. Récolter des pièces jaunes avec Carla rique d’être plus rigolo qu’avec Bernadette!
“… Comme si le collectif entraînait l’individuel vers le bas.”.
Cela m’amène à me demander :
Si c’est vrai, est-ce que le travail en groupe est moins “créatif” que le travail individuel.
ou bien est-ce un raccourci un peu trop rapide, et dans le cadre du travail (qui pourrait être
particulier) l’effet de groupe bénéficie des qualités “créative” de chacun.
Qu’en pensez vous ?