Salle de réunion 2

PUBLIE LE 20 novembre 2007 / Analyse, Photos |

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Si les journaux sont limités par leur nombre de pages, si les radios et les chaînes télévisés le sont par le fil de la linéarité temporelle, Internet, comme source d’information, est souvent présenté comme un média sans limite. Ce qui est potentiellement vrai, mais réellement faux. Car Internet a bel et bien une limite : celle de ma linéarité temporelle. Il n’ajoute pas d’heure à ma journée (même s’il peut en enlever à ma nuit).

La différence c’est que cette linéarité, ni dans son contenu, ni dans sa programmation, ne m’est pas imposée, je la définis moi-même. Le choix devient alors le problème. Je me retrouve un peu comme ces prédateurs marins qui, tombant sur un banc de poissons, hésitent à sélectionner une victime en particulier, une seconde de trop, assez pour laisser au banc le temps de s’égailler. En éthologie, on appelle cela l’effet de confusion. Avec Internet, cela se traduit par cette impression ou cette crainte diffuses de toujours rater quelque chose d’important. On passe alors d’un flux à un autre, à la recherche de la plus grande actualité possible et l’on a vite fait, si l’on y prend garde, de se retrouver en situation d’addiction. Sans parler du temps perdu à relire les mêmes informations mais traitées différemment, chacun se faisant l’écho de ce qu’il a lu chez le voisin ad libidum.

Le choix, c’est aussi celui du temps que je vais consacrer à cette activité. Au bureau. Chez moi. Force est de constater que dans un nombre de plus en plus important de métiers, les deux principaux outils de travail sont devenus l’ordinateur et la salle de réunion. Le temps sans écran tend à s’amenuiser et la vie physique — outre l’assouvissement des besoins essentiels — se réduit peu à peu au trajet qui sépare un écran d’un autre, une salle de réunion d’une autre. D’où l’importance d’y servir de bons cafés

Donc si Internet, et les écrans en général, font venir à moi le monde extérieur dans toute sa richesse, sa variété et sa complexité,­ — et même m’y projettent depuis l’avènement du web 2.0 — il tend également à me soustraire à ma vie vécue et… à me mettre en retard !

Bon sang, huit heures cinquante six. Réunion dans 4 minutes au bureau.

Allez salut !

Photo Nathalie Baetens pour beaurepaire

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